Récit fictif imaginé par Brice EKOMO-SOIGNET



1/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L'INSPECTEUR GUIMONWARA : LE GUIMONWARA

 

La pluie battait le pavé de Bangui, mais l'inspecteur Guimonwara avançait, indifférent aux trombes d’eau qui s'abattaient sur la ville. Chaque pas résonnait comme un écho à ses propres pensées, lourdes et inextricables.  Il s’arrêta devant une flaque, où son reflet brisé semblait lui renvoyer une question qu’il ne cessait de se poser : "Et si tout ce que je vivais n’était qu’une conséquence de mes choix, ou pire, de ceux que je n’ai pas faits ?"  

Depuis des mois, ses nuits étaient hantées par des rêves. Pas des rêves ordinaires, mais des fragments d’une autre vie.  Là-bas, il vivait avec Divine, une femme qu’il ne connaissait que de loin, une femme qu’il aimait dans un ailleurs inaccessible. 

Tout semblait parfait, trop parfait. Et chaque matin, il se réveillait avec un poids au cœur, conscient que ce bonheur n’était qu’un mirage.  

Ce soir-là, en fouillant dans un vieux bureau, il trouva un étrange bracelet en cuivre, gravé de symboles traditionnels. Il ne savait pas encore que cet objet allait changer sa vie.

LE GUIMONWARA : LA LOI UNIVERSELLE  

Le mot "Guimonwara", en Sango, signifiait "si tu cherches, tu vas trouver", une promesse biblique ancrée dans l’idée que chaque quête révèle une vérité cachée. Mais dans les traditions orales, il portait une signification plus lourde : "À grand pouvoir, grandes responsabilités."  

Selon les croyances transmises par les anciens, le Guimonwara n’était pas seulement une idée, mais une force métaphysique qui gouvernait la réalité. Tout être vivant était lié à cette loi universelle : chaque action, chaque pensée, chaque décision tissait une toile qui connectait les mondes entre eux. 

Chercher une vérité ou poursuivre un désir personnel avait des répercussions profondes, non seulement pour soi-même, mais pour toutes les versions possibles de l’existence.  

Maman Seko, une vieille femme aux yeux perçants, lui expliqua un jour :  

— Le Guimonwara est une loi qui te dépasse, mon fils. Si tu cherches la vérité, tu la trouveras, mais elle viendra toujours avec un prix. Et si tu prends ce qui n’est pas destiné à être tien, alors le Guimonwara viendra rétablir l’équilibre.  

L’inspecteur ne comprenait pas tout à ce moment-là. Mais il sentait que cette vérité pesait sur ses épaules. 

LE KARMA DE L’INSPECTEUR

Chaque rêve où il retrouvait Divine semblait plus réel que le précédent.  Il ne comprenait pas pourquoi il était connecté à elle dans cet autre monde, pourquoi leurs âmes se cherchaient à travers les dimensions. Mais il comprenait une chose : chaque pas qu’il faisait vers elle perturbait la balance cosmique.  

Le Guimonwara, cette force invisible, n’était pas une entité avec une volonté propre. 

C’était une loi, une mécanique universelle, un principe infaillible : "Chaque quête, chaque désir, chaque choix crée une onde qui se propage à travers les mondes. 

Plus tu veux quelque chose qui ne t’appartient pas, plus l’univers te rappelle tes responsabilités."

Pour Guimonwara, cela signifiait que son obsession pour Divine n’était pas sans conséquences. 

Chaque voyage dans le monde onirique, chaque moment volé avec elle, modifiait subtilement la réalité de son propre monde. Ses collègues devenaient méconnaissables, ses souvenirs se distordaient, et même le paysage de Bangui semblait se redessiner.  

 

LE BRACELET : UN LIEN ENTRE LES MONDES 

Le bracelet qu’il avait trouvé était une clé, un artefact qui lui permettait de voyager dans ces réalités parallèles. Mais chaque fois qu’il l’utilisait, il sentait une pression croissante, comme si l’univers lui-même le mettait en garde.  

Une nuit, Divine, dans son rêve, lui murmura :  

— Tu ne peux pas tout avoir, Guimonwara. Si tu me choisis, tu devras abandonner autre chose.  

Il ne voulait pas l’entendre. Mais Maman Seko le confronta directement :  

— Tu es un homme puissant, mon fils, mais ce pouvoir n’est pas un cadeau. 

Le Guimonwara est clair : si tu cherches, tu trouveras. Mais trouver signifie porter le poids de ce que tu as découvert.  Veux-tu vraiment porter ce fardeau ?  

 

LE CHOIX FINAL 

La nuit fatidique arriva. Dans le monde onirique, Divine l’attendait. Elle tendit la main, ses yeux remplis d’amour et de tristesse. 

— Si tu me choisis, dit-elle, ton monde ne sera plus jamais le même.  

Guimonwara savait qu’elle avait raison. 

Il avait étudié la loi du Guimonwara à travers ses voyages.  Choisir Divine, c’était prendre un raccourci, refuser le chemin que la vie avait tracé pour lui. Et refuser ce chemin, c’était défier la loi universelle.  

Mais il ne pouvait plus reculer.  Il prit sa main. À cet instant, le monde se fractura. Des éclairs de lumière et des ombres tourbillonnèrent autour de lui. Il entendit les cris des autres versions de lui-même, des voix qui le suppliaient, le maudissaient, l’avertissaient.  

Puis tout devint noir.  

LA FIN OU LE DÉBUT ? 

Lorsqu’il se réveilla, il était seul. Divine n’était qu’un souvenir flou, comme un rêve qu’on essaie désespérément de retenir. Le bracelet avait disparu.  

Bangui semblait à la fois familière et étrangère. Les rues étaient les mêmes, mais l’atmosphère était différente. Il sentit que quelque chose avait changé, que l’équilibre avait été modifié.  

Maman Seko apparut dans une vision, lui disant simplement :  

— Le Guimonwara a parlé. 

Tu as cherché, tu as trouvé. Mais maintenant, tu dois vivre avec ce que tu as choisi.  

 

LA LEÇON DU GUIMONWARA 

Guimonwara comprit alors que la quête de Divine n’avait jamais été une question d’amour ou de désir. 

C’était une leçon sur le poids des choix, sur la responsabilité de ceux qui cherchent à défier l’ordre naturel.  

Et dans son cœur, il savait qu’il ne cesserait jamais de chercher. Car telle était sa nature, telle était la loi : si tu cherches, tu vas trouver. Mais le prix était toujours élevé.  

Le lâcher prise était peut-être la solution... 

Mais à quel prix ?

Quand on s'appelle GUIMONWARA...



2/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L’INSPECTEUR GUIMONWARA : LE TOURBILLON DES DESTINS

Après une cuite de Mer Bleu, un breuvage céleste hautement volatile qui peut être reconnu comme étant la gamme supérieure du Ngouli, l’inspecteur Guimonwara se réveilla en sursaut, étendu sur un sol chaud et dur. Les effluves sucrés et épicés de l’air lui firent comprendre qu’il n’était plus à Bangui mais à Abidjan... En Côte d'Ivoire. Encore un voyage involontaire dans le multivers.

UNE RENCONTRE DÉRANGEANTE

Alors qu'il explorait le quartier historique de Treichville, Guimonwara entra dans un maquis traditionnel. Là, il découvrit le koutoukou, une boisson locale rappelant le ngouli de sa Centrafrique natale. En sirotant le breuvage, il aperçut une femme au loin, dont la silhouette correspondait étrangement à celle de Divine.

Intrigué, il s'approcha, mais la femme disparut dans la foule. Sur la table où elle était assise, un bracelet en cuivre gravé de symboles traditionnels était posé, identique à celui qu'il avait trouvé des mois auparavant.

LE MYSTÈRE DES HEURES MIROIRS

Cette rencontre fortuite poussa Guimonwara à enquêter sur les heures miroirs, ces moments où l'horloge affiche des chiffres doubles, souvent considérés comme des signes de l'univers.  L'heure 22h22, en particulier, symbolise l'harmonie et l'équilibre, des qualités essentielles dans une relation de flammes jumelles. 

Il découvrit que les flammes jumelles sont des âmes miroirs, partageant une connexion intense et profonde. Cette relation est à la fois stimulante et curative, révélant les peurs et les insécurités tout en aidant à les surmonter. 

Guimonwara commença à se demander si Divine était sa flamme jumelle, une âme divisée en deux, destinée à se retrouver à travers les dimensions. Leur connexion semblait transcender le temps et l'espace, se manifestant dans des réalités parallèles où ils se fréquentaient.

Cependant, chaque rencontre avec Divine était éphémère, laissant derrière elle plus de questions que de réponses. Les symboles gravés sur le bracelet en cuivre semblaient liés aux traditions ivoiriennes, peut-être un lien avec le mythe de la création du monde malinké, où des paires de jumeaux jouent un rôle central. 

UNE QUÊTE SANS FIN

Déterminé à comprendre la nature de sa relation avec Divine, Guimonwara poursuivit son enquête à travers la Côte d'Ivoire, explorant les mystères du multivers et des connexions spirituelles. Chaque heure miroir, chaque symbole, chaque gorgée de koutoukou le rapprochait de la vérité, tout en l'entraînant plus profondément dans un labyrinthe d'incertitudes.

La quête de Guimonwara pour retrouver Divine et comprendre leur lien transcendantal devint une aventure mêlant traditions africaines, mysticisme et exploration des réalités parallèles. Une histoire où l'amour et le destin se croisent, défiant les lois de l'univers et du temps. 

UNE RENCONTRE AU MARCHÉ DES FLEURS

Dans ce monde parallèle, Guimonwara décida de visiter le célèbre marché des fleurs d’Abidjan, réputé pour ses plantes sacrées et ses secrets spirituels. Là, il rencontra une femme d’une quarantaine d’années, Yéléna, une vendeuse de plantes médicinales. 

Ses yeux perçants semblaient lire dans son âme.

— Tu cherches quelque chose qui dépasse ta compréhension, dit-elle, sans même qu’il ouvre la bouche.  

— Comment le savez-vous ? répondit Guimonwara, interloqué.  

— Les esprits parlent à travers toi. 

Divine n’est pas une femme ordinaire. Elle est un élévateur d’âme, une gardienne des portes du Guimonwara. Yéléna lui tendit une fleur rare, le "Fleur du Baoulé", utilisée pour invoquer les ancêtres. 

Elle ajouta :  

— Si tu veux des réponses, rends-toi au village de Kôkôman, à l’est. Là-bas, un homme nommé Adoma détient une partie de la vérité.

Le voyage vers Kôkôman fut long et éprouvant. Le village, caché au milieu des plantations de cacao, semblait suspendu dans le temps. À son arrivée, Guimonwara fut accueilli par Adoma, un homme âgé, portant un pagne finement tissé et une canne ornée de symboles Akan.

— Tu es l’homme qui marche entre les mondes, dit Adoma en observant Guimonwara avec intensité. Divine est ta flamme jumelle, oui, mais elle est aussi une épreuve. Trouver Divine, c’est te trouver toi-même. Mais prends garde, chaque quête a ses ombres. 

Adoma lui parla alors des "Djandjoumas", des âmes errantes piégées entre les dimensions, cherchant à manipuler ceux qui tentent de briser les lois du Guimonwara. Divine était pourchassée par l’un d’eux, un certain Ouédra, un esprit déchu qui voulait utiliser leur connexion pour perturber l’équilibre des mondes.

— Si tu veux sauver Divine, tu devras affronter Ouédra et traverser les trois épreuves du Guimonwara : l’épreuve du désir, celle de la mémoire et celle du pardon.

LA PREMIÈRE ÉPREUVE : LE DÉSIR

De retour à Abidjan, Guimonwara sentit une présence étrange. Divine apparut dans une vision, mais cette fois, son visage était marqué par la peur.

— Ils m’ont trouvée, Guimonwara ! Je suis piégée dans un monde où le temps s’écoule à l’envers. Viens me chercher avant que tout ne disparaisse.  

Cette vision le conduisit au "Maquis de l’Étoile", un lieu en bord de lagune réputé pour ses soirées mystiques. Là, il fit la rencontre de Nayah, une jeune chanteuse au charme envoûtant. 

Nayah, avec sa voix hypnotique, semblait lire dans son cœur. Mais elle n’était pas ce qu’elle paraissait.

Lorsqu’il l’interrogea, elle sourit :  

— Divine n’est qu’une illusion de ton désir. Peut-être que ce n’est pas elle que tu cherches vraiment, mais une partie de toi que tu as oubliée.

Sous l’effet du koutoukou, mêlé à des herbes sacrées, Guimonwara plongea dans un rêve où il revit son enfance. Il se souvint d’une promesse faite à une jeune fille sous un manguier : "Je te retrouverai, où que tu sois." Était-ce Divine, ou une autre âme qu’il avait perdue en chemin ?

 

UN ALLIÉ INATTENDU

Au bord du désespoir, Guimonwara rencontra un autre personnage clé : Zokou, un guerrier mystique aux cicatrices impressionnantes, qui prétendait être le gardien des portails du multivers. Zokou, méfiant au début, décida de l’aider après avoir vu la sincérité dans les yeux de l’inspecteur.

— Le monde que tu cherches n’est pas accessible par la force, dit Zokou. Il faut que tu ouvres ton cœur à ce qui est vrai, même si cela te fait peur.

Ils entreprirent un rituel complexe pour ouvrir un portail vers le monde où Divine était retenue. Zokou l’avertit :  

— Le portail ne restera ouvert que le temps d’un battement de cœur. Si tu échoues à la ramener, tu risques de rester coincé à jamais. 

 

UN AFFRONTEMENT ÉPIQUE

Dans ce nouveau monde onirique, Guimonwara trouva Divine prisonnière d’Ouédra. L’esprit déchu était imposant, une ombre mouvante aux yeux rouges flamboyants. Pour la libérer, Guimonwara dut affronter ses propres peurs, incarnées par des versions de lui-même corrompues par le doute et l’avidité.

Le combat était à la fois physique et spirituel. Chaque coup porté à Ouédra libérait une partie de Divine, mais affaiblissait aussi Guimonwara. 

À la dernière seconde, Divine murmura :  

— Ne te bats pas pour moi. Accepte simplement qui tu es. C’est la clé.  

Guimonwara réalisa alors que la lutte n’était pas contre Ouédra, mais contre lui-même. Il lâcha prise, et dans un éclat de lumière, Ouédra disparut, hurlant de rage.

 

LE RETOUR ET LE MYSTÈRE

De retour à Abidjan, Guimonwara retrouva Divine, mais elle semblait différente. Plus réelle, mais aussi plus distante.

— Tu m’as sauvée, dit-elle en souriant, mais ce n’est que le début. Notre quête est loin d’être terminée. Le Guimonwara a encore beaucoup à nous apprendre.

Alors qu’ils marchaient main dans la main, sur la façade d'un bâtiment, une grande horloge affichait 22h22. 

Un frisson parcourut Guimonwara...

Il fallait absolument retrouver Zokou car quelque chose semblait avoir modifié encore le cours du temps : une impression de déjà-vu.



3/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L’INSPECTEUR GUIMONWARA : L’ÉPREUVE DE LA MÉMOIRE

Sous les branches imposantes de la forêt du Banco à Abidjan, l’air était lourd, chargé d’une tension presque palpable. Zokou, le Gardien de la Mémoire, les fixait, un mélange de sévérité et de compassion dans son regard.  

— L’amour est une étoile brillante, mais elle jette parfois des ombres profondes, dit-il. Pour passer cette épreuve, vous devez affronter ce que vous avez fui.  

Guimonwara et Divine échangèrent un regard incertain. Une peur silencieuse s’insinuait entre eux. Pourtant, ils n’avaient pas d’autre choix. Lorsque Zokou leva son sceptre, la terre s’ouvrit sous leurs pieds, les précipitant dans une spirale de lumière et d’obscurité.  

 

LES RÊVES SACRIFIÉS DE GUIMONWARA  

Guimonwara se retrouva dans un bureau exigu, éclairé par la lueur d’une lampe vacillante. Des piles de dossiers encombraient le bureau, et son double d’une autre vie y était assis, le visage creusé par la fatigue. Ses yeux, autrefois brillants de justice et de passion, étaient ternes, fixant un tableau d’objectifs épinglé au mur.  

Sur ce tableau, des mots griffonnés en rouge semblaient hurler leur importance : "Richesse", "Maison pour Divine", "Voyages", "Sécurité".  

Dans cette réalité, Guimonwara avait été consumé par une quête désespérée pour offrir à Divine une vie dont elle pourrait être fière. Il avait accepté des heures interminables, des enquêtes périlleuses, et même des missions borderline pour s’enrichir rapidement. 

Chaque jour, il se promettait que tout cela en valait la peine, que Divine comprendrait.  Mais ce qu’il voyait maintenant lui arrachait le cœur : Divine, seule, chez eux. Leurs retrouvailles étaient rares et silencieuses. 

Elle attendait, ses rêves et ses espoirs fanant comme des fleurs oubliées dans un vase vide.  Un soir, alors qu’elle l’attendait pour célébrer un moment important – l’anniversaire de leur rencontre – Guimonwara avait choisi de répondre à une mission urgente. Lorsqu’il était rentré tard dans la nuit, fatigué mais satisfait de l’argent qu’il rapportait, il l’avait trouvée endormie sur la table, une bougie éteinte à ses côtés.  

Ce souvenir, il l’avait enfoui, mais ici, dans cette vision, il ne pouvait plus l’ignorer. Il sentit son double murmurer :  

— Je fais tout ça pour toi, Divine. Pourquoi ne le vois-tu pas ?  

Et pourtant, il savait. Il savait que dans sa quête de richesse et de statut, il avait oublié l’essentiel : être là pour elle.  

 

LE CŒUR SOLITAIRE DE DIVINE

De son côté, Divine fut projetée dans un appartement à la fois familier et étranger. Les murs semblaient crier son nom, chaque recoin saturé de souvenirs qu’elle avait tenté d’oublier.  Elle vit son propre reflet dans le miroir : une femme forte, mais usée par l’attente. Chaque instant d’absence de Guimonwara avait été comme une goutte d’eau creusant une pierre.  

Elle se revit assise à cette même table, le regard perdu dans le vide, tenant une lettre qu’elle avait écrite mais jamais envoyée.  

"Mon amour, je sais pourquoi tu fais tout cela. Mais ce que je veux, ce n’est pas une grande maison, ni des voyages, ni de l’argent. Je veux toi. Je veux celui qui me regardait comme si j’étais tout son univers. Celui qui riait avec moi sous la pluie. Celui qui me promettait des aventures, pas des bilans comptables." 

Elle se souvenait des nuits où elle pleurait, la tête enfouie dans l’oreiller, se demandant si elle était égoïste de vouloir plus de lui, ou si elle demandait simplement l’essentiel.  Un jour, dans cette réalité, elle avait pris une décision difficile. Elle était partie. Non pas parce qu’elle ne l’aimait plus, mais parce qu’elle sentait que rester aurait détruit ce qu’il restait de leur lien.  

 

LE FACE-À-FACE

Lorsque les deux furent arrachés à leurs visions respectives, le poids de leurs souvenirs les fit chanceler.  

— Tu m’as abandonné, lâcha Guimonwara, la voix brisée.  

— Je t’ai abandonné ? répliqua Divine, les larmes coulant sur ses joues. Tu n’étais jamais là !  

Leurs mots, tranchants comme des lames, se jetèrent dans l’air entre eux.  

— Je faisais tout ça pour toi, Divine ! cria-t-il. Pour que tu sois heureuse, pour que tu sois fière de moi ! 

— Et moi, tout ce que je voulais, c’était toi ! Pas une maison, pas de l’argent, pas des promesses vides. Juste toi.  

Le silence qui suivit était assourdissant. Zokou, toujours immobile, les observait.

— Vous voyez, dit-il calmement, la mémoire n’est pas là pour punir. Elle est là pour vous rappeler ce que vous devez améliorer. Mais ce que vous faites de cette vérité dépend de vous.  

Guimonwara se tourna vers Divine, les yeux embués.  

— J’ai tout gâché, murmura-t-il. J’ai cru que te donner le monde suffirait, mais j’ai oublié de te donner mon cœur.  

Elle hocha la tête, la gorge nouée.  

— Et moi, j’aurais dû te dire ce que je ressentais. Mais je suis partie parce que j’avais peur… peur que tu ne comprennes jamais.  

 

L’ANNONCE DE L’ÉPREUVE DU PARDON

Zokou frappa le sol de son sceptre, interrompant leur échange.  

— Vous avez vu la vérité. Maintenant, une question demeure : pouvez-vous vous pardonner l’un à l’autre ?  

Une silhouette éthérée apparut, les entourant d’une lumière douce mais oppressante.

— L’épreuve du pardon vous attend, dit la voix, empreinte de gravité. Mais souvenez-vous : pardonner ne signifie pas oublier. C’est une libération, une chance de reconstruire… ou de se séparer à jamais.  

Les deux amants échangèrent un regard. Leur amour était encore là, vibrant sous la douleur, mais pouvaient-ils surmonter le poids de leurs erreurs ? 

Tandis qu’ils s’avançaient vers l’inconnu, leurs cœurs étaient à la fois lourds de remords et pleins d’un espoir fragile.

 



4/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L'INSPECTEUR GUIMONWARA : L'ÉPREUVE DU PARDON 

 

Sous le ciel changeant de Grand-Bassam, la lagune brillait d’un éclat mystique. 

C’était un endroit où la mer semblait respirer, et où le vent portait les murmures d’anciennes histoires. 

 

Divine et Guimonwara marchaient côte à côte, unis par une quête dont les ramifications s'étendaient au-delà du monde visible. 

 

Ils étaient guidés par un cercle de prêtres — Kobenan, l’orateur au regard incandescent, et Ahoua, la gardienne silencieuse dont les paroles n’étaient qu’écho de sagesse ancestrale.  

 

Les épreuves précédentes les avaient déjà marqués. 

La mémoire les avait confrontés à leurs regrets les plus amers, révélant comment leurs propres ambitions avaient détruit ce qu'ils cherchaient à protéger. 

 

Désormais, ils étaient face à la deuxième épreuve : celle du pardon. 

 

Mais cette épreuve allait les ramener là où tout avait commencé — dans les profondeurs de la forêt sacrée.  

 

 LA FORÊT DE L’OUBLI  

 

La forêt était dense, ses arbres semblant s'étirer vers un ciel qu'ils ne pouvaient toucher. À chaque pas, Divine et Guimonwara ressentaient le poids des regards invisibles. 

 

Ils savaient que cette terre appartenait aux génies des eaux et du feu, des entités qui régissaient leurs destinées.  

 

"La mémoire vous a montré vos échecs," déclara Kobenan en marchant devant eux.

 

 "Mais le pardon exige davantage. 

Vous devrez plonger dans la vérité, aussi douloureuse soit-elle, et vous affronter non seulement vous-mêmes, mais aussi les blessures que vous avez laissées chez l’autre."  

 

Ils arrivèrent à une clairière. 

Au centre, une mare scintillante reflétait leurs visages, mais les reflets ne cessaient de changer. 

 

Dans l’eau, ils virent leurs vies passées, leurs moments de bonheur et les trahisons qui avaient suivi.  

 

 

 

LE FARDEAU DES ÉLÉMENTS  

 

Dans les visions de la mare, Guimonwara vit l’homme qu’il avait été : un bâtisseur infatigable, obsédé par l’idée de sécuriser l’avenir de Divine. 

 

Chaque contrat signé, chaque projet achevé, le poussait un peu plus loin d’elle. Il avait été prisonnier de son feu intérieur, un feu qui consumait tout, même l’amour.  

 

Divine, elle, se vit attendre. Chaque jour, elle espérait que Guimonwara rentrerait, mais il ne revenait jamais. 

 

Alors elle avait forgé son propre chemin, mais la solitude l’avait marquée, la rendant aussi indomptable que l’eau en furie.  

 

Les prêtres les observaient en silence, laissant les visions faire leur œuvre.  

 

"Pourquoi ne m’as-tu pas parlé ?" demanda Divine, les larmes roulant sur ses joues. "Pourquoi devais-tu tout porter seul ?"  

 

"Je pensais que c’était ce que tu voulais," murmura Guimonwara. 

"Je voulais te donner le monde, mais je n’ai pas vu que tu voulais simplement moi."  

 

La mare se troubla, projetant une nouvelle vision.  

 

 LES LIENS CACHÉS DES GÉNIES  

 

Les génies des eaux et du feu apparaissaient sous des formes éthérées. 

 

Mami Wata, la reine des eaux, se dressa devant Divine, sa présence imposante et bienveillante à la fois.  

"Tu es mon enfant, Divine," dit-elle d’une voix douce. "Tu portes en toi la force de l’eau, mais aussi sa colère. Cette colère doit être apaisée, ou elle détruira tout sur son passage."  

 

Nzassi, le génie du feu, apparut à côté de Guimonwara. Sa silhouette flamboyante semblait sur le point d’exploser.  

"Et toi, fils du feu," déclara-t-il, "ton ambition a embrasé ta vie. 

Mais un feu qui ne trouve pas son équilibre finit toujours par tout réduire en cendres."  

 

Les génies s’éloignèrent, laissant les prêtres prendre la parole.  

"Vous êtes liés par les éléments, mais vos forces opposées ne peuvent coexister sans harmonie," dit Kobenan. 

 

"Pour avancer, vous devez pardonner non seulement l’autre, mais aussi vous-mêmes."  

 

 

 LE RITUEL DES LIENS PERDUS  

 

Les prêtres les conduisirent au bord de la mer. Une immense fresque de sable, gravée de symboles anciens, s’étendait devant eux. Chaque symbole représentait un souvenir, une douleur, une promesse brisée.  

 

"Placez vos mains ici," ordonna Ahoua d’une voix solennelle. 

"Confessez ce qui pèse sur votre âme. 

La mer vous écoutera, et le feu scellera vos paroles."  

 

Divine posa sa main sur un symbole représentant une vague.  

 

"Je t’ai haï," dit-elle à Guimonwara. 

"Parce que tu n’étais jamais là. 

Mais en vérité, j’avais peur de ne pas être assez pour toi."  

 

Guimonwara plaça sa main sur un cercle enflammé.  

 

"Je t’ai perdue," dit-il, la voix brisée. 

"Parce que je n’ai jamais cru être à la hauteur de ce que tu méritais. 

Alors je me suis enfui dans mon travail."  

 

Les symboles brillèrent d’une lumière intense, et la mer s’éleva autour d’eux, formant un cercle protecteur.  

 

 LE JUGEMENT DE LA MER ET DU FEU  

 

Alors qu’ils se tenaient dans le cercle, les génies revinrent pour leur offrir une dernière épreuve.  

 

"Le pardon est une force puissante, mais elle ne se donne pas facilement," déclara Nzassi. "Vous devez prouver que vous êtes dignes de cet équilibre."  

 

Un tourbillon d’eau et de feu les entoura. 

 

Ils durent affronter les ombres de leur passé : Guimonwara vit ses propres regrets matérialisés en un enfant qui pleurait son absence, tandis que Divine affrontait une version d’elle-même rongée par la colère.  

 

Le combat fut long et éprouvant, mais ensemble, ils triomphèrent.  

 

 

LE PACTE DES ÂMES : LA PROMESSE DES MULTIVERS  

 

Le sable de Grand-Bassam, encore humide des embruns salés, semblait scintiller d'une lumière nouvelle. 

 

Guimonwara et Divine, les corps fatigués mais les cœurs apaisés, se tenaient face à face au bord de la mer. 

 

Les génies avaient disparu, mais leur présence demeurait comme une chaleur dans l’air et un murmure dans les vagues.  

 

Les prêtres, eux, formaient un cercle autour d’eux, comme pour bénir cet instant hors du temps.  

 

"Vous avez traversé le feu et l’eau, mais ce n’est que le début," déclara Kobenan. 

 

"Les multivers sont un enchevêtrement d’opportunités, mais aussi de pièges. 

Si vous ne définissez pas vos propres règles, vous serez à nouveau emportés par leurs forces infinies."  

 

Divine regarda Guimonwara, ses yeux brillants d’une douceur mêlée de défi. 

 

"Si nous avons appris quelque chose, c’est que notre amour seul ne suffit pas. Nous devons nous promettre plus que des sentiments : nous devons nous promettre un chemin."  

 

LA PROMESSE DES ÉLÉMENTS  

 

Les deux amants s’assirent face à la mer, et dans un geste synchronisé, ils trempèrent leurs mains dans l’eau et dessinèrent un cercle dans le sable.  

 

"Le cercle," expliqua Ahoua, "est un symbole de continuité, mais aussi de frontières. Ce que vous écrirez dans ce cercle liera vos âmes, non seulement ici, mais dans chaque réalité."  

 

Guimonwara parla le premier, sa voix empreinte d’une gravité rare.  

 

"Je promets de ne plus laisser ma quête de perfection nous éloigner. 

Que dans chaque monde, je sois guidé non par mon ambition, mais par le respect de ce que nous avons construit."  

 

Divine suivit, ses paroles vibrant de sincérité.  

 

"Je promets de ne plus douter de ma valeur ou de la tienne. 

Que dans chaque réalité, je sois une force apaisante, un refuge, et non une tempête de reproches ou de regrets."  

 

Ils tracèrent ensemble un deuxième cercle autour du premier.  

 

"Ce cercle extérieur," ajouta Divine, "est notre barrière contre les forces qui voudraient nous séparer. Que chaque fois que l’un de nous faiblisse, l’autre soit là pour le rappeler à lui-même."  

 

 L’ENCRE DES MONDES  

 

Ahoua s’avança, portant une calebasse gravée de motifs anciens. Elle déversa son contenu – un mélange d’eau de mer et de cendres d’un feu sacré – sur le sable. 

Le cercle scintilla un instant, puis sembla disparaître dans le sol.  

 

"Cette promesse est scellée dans la mémoire des mondes," déclara Ahoua. 

 

"Mais chaque monde exige un acte. 

Ces mots devront être honorés à chaque croisement, à chaque moment de faiblesse."  

 

"Et si nous échouons ?" demanda Guimonwara, l’écho d’une inquiétude encore vivace dans sa voix.  

 

Kobenan sourit doucement. 

"Ce n’est pas un test à réussir ou à échouer. C’est un voyage. Et les voyages ne se jugent pas sur leurs chutes, mais sur la façon dont vous vous relevez."  

 

 LE PACTE INFINI  

 

Alors que la nuit tombait, les prêtres allumèrent un feu près du rivage, et le crépitement des flammes se mêla au chant des vagues.  

 

Guimonwara et Divine, enveloppés dans une couverture de silence apaisant, se tournèrent l’un vers l’autre.  

 

"Dans ce monde," murmura Divine, "et dans tous les autres, je veux que nous soyons des phares l’un pour l’autre. 

 

Peu importe combien de fois nous nous perdrons, nous devons toujours nous retrouver."  

 

Guimonwara posa sa main sur celle de Divine.  

 

"Alors faisons une dernière promesse : peu importe le chemin, peu importe les choix, nous ne laisserons jamais la peur ou l’orgueil nous séparer à nouveau."  

 

Ils scellèrent cette promesse par un baiser, et à cet instant, les étoiles semblèrent briller un peu plus fort.  

 

 

 

LE MULTIVERS RÉAGIT  

 

Le feu s’éteignit soudainement, et la mer sembla reculer avant de revenir avec une vague plus puissante, comme un battement de cœur cosmique. Les prêtres reculèrent, murmurant des prières dans un langage oublié.  

 

Une lumière éclatante entoura Divine et Guimonwara, et leurs esprits furent projetés dans un vortex de couleurs et de formes. 

 

Ils virent des versions d’eux-mêmes : heureux, tristes, ennemis, alliés.  

 

Ils comprirent alors que leurs promesses n’étaient pas qu’un simple pacte. 

C’était une clé pour réconcilier leurs âmes à travers chaque dimension.  

 

Quand ils revinrent à eux, le rivage de Grand-Bassam était redevenu calme. 

Mais au fond de leurs cœurs, ils savaient que quelque chose avait changé.  

 

 LA PROCHAINE ÉPREUVE  

 

Kobenan s’approcha d’eux. "Vous avez franchi une étape importante, mais ce n’est pas la fin. Les multivers sont instables, et d’autres forces chercheront à tester votre union. 

Êtes-vous prêts ?"  

 

Guimonwara serra la main de Divine. 

"Nous sommes prêts."  

 

Ahoua ajouta, son ton grave : 

"Les éléments vous ont unis, mais l’amour est une flamme fragile. Votre prochaine épreuve vous emmènera là où les ombres sont les plus épaisses."  

 

Divine regarda Guimonwara.  

 

"Alors avançons," dit-elle. 

"Parce qu’à présent, je sais que rien ni personne ne pourra nous séparer."  

 

Et ensemble, guidés par les prêtres, ils s’enfoncèrent dans les ténèbres de leur prochain défi, unis par la lumière de leur promesse éternelle.

 

5/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L’INSPECTEUR GUIMONWARA : LE RUBAN DE MÖBIUS OU LA MÉTAPHORE DE L'ÉTERNEL RETOUR

 

Alors que Guimonwara et Divine marchaient côte à côte, guidés par les prêtres vers l’épreuve suivante, Kobenan s’arrêta au bord du chemin et traça un étrange symbole dans la poussière : une boucle sans début ni fin, se retournant sur elle-même.  

 

"Ceci est le ruban de Möbius," expliqua-t-il, son regard perçant scrutant les deux amants.

 

 "Un chemin unique, sans commencement ni conclusion, où le recto et le verso ne font qu’un. C’est la nature de votre lien : il n’a ni origine, ni fin, et pourtant il est toujours en mouvement."  

 

Dans le silence pesant qui suivit, Ahoua ajouta :  

"Votre relation est comme ce ruban. Dans le multivers, dans chaque monde, vous vous trouvez et vous perdez. 

À chaque boucle, vous pensez avoir atteint une résolution, mais vous revenez toujours au même point d’intersection. 

Ce que vous vivez n’est pas une ligne droite, mais un cycle, une danse infinie à travers les réalités."  

 

Guimonwara fronça les sourcils, essayant de comprendre.  

"Alors, sommes-nous condamnés à revivre les mêmes erreurs ?"  

 

"Non," répondit Kobenan, "mais chaque boucle est une opportunité. 

Une chance d’apprendre, de briser les schémas, ou au contraire, de les approfondir. 

 

Le ruban de Möbius vous enseigne que l’éternité n’est pas statique : elle est une spirale qui vous pousse à évoluer, ou à stagner si vous refusez de voir la vérité."

 

Divine posa sa main sur le symbole tracé dans la terre. Elle ressentit une chaleur étrange, presque apaisante.  

 

"C’est pour ça que nous sommes toujours attirés l’un par l’autre, peu importe la dimension," murmura-t-elle. 

"Nous sommes deux âmes qui voyagent sur ce ruban. Nous pensons parfois être sur des chemins différents, mais au bout du compte, il n’y a qu’un seul chemin."  

 

Ahoua hocha la tête, un sourire triste sur les lèvres.  

 

"Mais il y a un danger," avertit-elle. 

"Le ruban de Möbius peut devenir une prison si vous vous attardez sur les regrets ou les rancunes. 

Pour que votre amour transcende le ruban, vous devez accepter le passé, le comprendre, et choisir de ne plus vous perdre dans vos propres ombres."  

 

 

 

LE RUBAN COMME ÉPREUVE  

 

Les prêtres menèrent Guimonwara et Divine jusqu’à une clairière, où des brumes épaisses dansaient dans l’air, dessinant des formes éphémères. 

En leur centre, une grande structure ressemblant à un ruban de Möbius flottait, scintillant de lumière bleutée.  

 

"Voici le Ruban des Mondes," annonça Kobenan. "Entrez dans la boucle. 

Vous revivrez les moments clés de vos vies, non seulement dans ce monde, mais dans tous les autres. 

Chaque instant sera une opportunité de comprendre, de pardonner, et de choisir une voie différente."  

 

Guimonwara serra la main de Divine, une lueur d’inquiétude dans ses yeux.  

 

"Et si nous échouons ?" demanda-t-il.  

 

Ahoua répondit doucement :  

"Alors le ruban continuera, inchangé, vous ramenant encore et encore aux mêmes épreuves. Mais si vous réussissez… vous comprendrez enfin que même dans l’éternité, l’amour véritable peut transcender les cycles."  

 

 LA TRAVERSÉE DU RUBAN  

 

Ils entrèrent ensemble dans le Ruban des Mondes. 

Immédiatement, le paysage changea, et ils furent projetés dans des fragments de leur passé et de leurs réalités alternatives.  

 

Dans une réalité, Divine observait Guimonwara quitter leur maison pour la dernière fois, emporté par son ambition.

  

Dans une autre, Guimonwara voyait Divine pleurer seule, regrettant les mots durs qu’elle lui avait jetés.  

 

Dans une autre encore, ils se retrouvaient heureux mais prisonniers d’un luxe vide, incapables de communiquer leurs véritables désirs.  

 

Chaque fragment les confrontait à leurs erreurs, leurs douleurs, mais aussi à leur potentiel de rédemption.  

 

 

LA RÉVÉLATION DU RUBAN  

 

Au cœur du ruban, ils atteignirent un espace où tout était calme. Une voix, douce mais imposante, résonna :  

 

"Vous êtes à la croisée des mondes. 

Le ruban ne choisit pas pour vous. 

Que souhaitez-vous vraiment ?"  

 

Guimonwara regarda Divine.  

 

"Je ne veux plus être un homme qui fuit ou qui combat. Je veux être un homme qui construit, avec toi."  

 

Divine, les larmes aux yeux, répondit :  

"Et moi, je ne veux plus douter de nous. Peu importe le chemin, tant que nous le marchons ensemble."  

 

Le ruban scintilla, vibrant d’une lumière éclatante. Les brumes s’écartèrent, révélant la mer de Grand-Bassam à nouveau.  

 

LE PACTE FINAL  

 

Lorsqu’ils émergèrent, Ahoua et Kobenan les attendaient.  

 

"Vous avez compris la leçon du ruban," dit Ahoua. "Votre chemin n’est ni une ligne droite, ni un cercle vicieux. 

Il est une spirale ascendante, une promesse que chaque boucle vous rapprochera un peu plus de la paix, si vous le choisissez."  

 

Ils tracèrent un dernier symbole dans le sable, un Möbius parfait, entouré de cercles concentriques.  

 

Guimonwara et Divine scellèrent leur nouvelle promesse par un serment silencieux : quoi qu’il advienne, ils chercheraient toujours à grandir, ensemble, au-delà des cycles des mondes.  

 

Et pour la première fois, dans ce multivers en constante évolution, ils sentirent que le véritable équilibre était enfin à leur portée.

 

 

6/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L’INSPECTEUR GUIMONWARA : DIVINEMENT VÔTRE

 

La lumière du jour perça doucement les volets à moitié fermés, projetant des motifs changeants sur les murs défraîchis de la petite chambre. 

Guimonwara ouvrit les yeux, le cœur lourd et l'esprit embrouillé. 

 

Pendant un instant, il ne sut plus où il se trouvait. 

Les souvenirs de Grand-Bassam, du ruban de Möbius, des épreuves, et de Divine flottaient encore dans son esprit, aussi réels que le lit sur lequel il était allongé.  

 

"Était-ce un rêve ?" murmura-t-il, sa voix rauque brisant le silence.  

 

Il se redressa lentement, passant une main sur son front moite. 

Sur la table de nuit, son inséparable carnet noir l'attendait. Il tendit la main, hésitant, puis l'ouvrit. 

 

Les pages étaient remplies de notes, de schémas, et là, au centre d'une page vierge, une boucle de Möbius dessinée à l'encre noire.  

 

Guimonwara inspira profondément, le souffle coupé.  

 

 UN UNIVERS FRAGMENTÉ  

 

En se levant, il sentit une étrange pesanteur, comme si une partie de lui-même était restée dans un autre monde. 

 

La ville de Bangui semblait différente : les bruits de la rue, les voix des marchands, même la lumière, tout lui paraissait plus vibrant, plus vivant.  

 

Mais quelque chose le hantait. Divine. Ses mots, ses regards, leur promesse. 

Elle n'était pas là, mais sa présence pesait sur lui comme une ombre douce-amère.  

 

"Si je me réveille ici, alors où est-elle ?" pensa-t-il en fixant son reflet dans un vieux miroir fendu. "Est-elle restée dans ce multivers, ou fait-elle partie de cette réalité ?"  

 

La réponse semblait se cacher dans les fragments de souvenirs flous qui tournaient en boucle dans son esprit.  

 

 

UN MESSAGE DES ANCÊTRES  

 

Plus tard dans la matinée, Guimonwara se rendit chez Maman Seko, une vieille femme réputée pour ses connaissances spirituelles. Assise sur son tapis usé, elle l'accueillit d'un sourire énigmatique.  

 

"Tu es revenu, fils du feu et de l'eau," dit-elle sans qu'il n'ait prononcé un mot. "Mais je vois dans tes yeux que le voyage t'a laissé des cicatrices."  

 

Il raconta tout, chaque détail, du ruban de Möbius aux épreuves, jusqu'à leur promesse finale. Elle écouta en silence, son visage impassible.  

 

Lorsque Guimonwara termina, Maman Seko hocha la tête, ses yeux brillants d'une sagesse insondable.  

 

"Ce que tu as vu n'était pas un rêve. Ce n'était pas non plus une illusion. C'était une autre vérité. Les ancêtres t'ont permis de toucher à l'essence même de l'univers, car ton chemin est lié à bien plus que cette ville, ou même ce monde."  

 

Elle tendit la main vers lui, révélant un petit bracelet en cuivre, gravé des mêmes symboles que ceux du ruban de Möbius.  

 

"Prends-le," dit-elle. "Il te rappellera que tout est connecté. Que chaque choix, chaque pensée, chaque relation tisse une toile qui dépasse ce que tes yeux peuvent voir."  

 

UN SIGNE DU MULTIVERS

 

En quittant la maison de Maman Seko, Guimonwara sentit une brise chaude caresser son visage. Il s’arrêta net. 

 

Sur le marché voisin, une mélodie jouée au balafon résonnait dans l’air, un air qu’il reconnaissait. 

 

C’était la chanson que Divine fredonnait lorsqu’ils étaient ensemble dans l’autre monde.  

 

Son cœur s’emballa. 

Il suivit la musique, se frayant un chemin parmi les étals bondés. 

 

Au détour d’une rue, il vit une silhouette familière. Une femme, portant un pagne ivoirien éclatant, ses cheveux relevés en un chignon élégant.  

 

Elle se retourna brièvement, et leurs regards se croisèrent.  

 

"Divine," murmura-t-il, mais la femme disparut dans la foule.  

 

Guimonwara resta figé, le souffle court.

Était-ce vraiment elle, ou son esprit jouait-il avec lui ?  

De retour chez lui, il s'assit sur son fauteuil préféré, le bracelet en cuivre toujours serré dans sa main. 

 

"Si elle est ici, alors notre promesse n’était pas vaine. 

Mais comment la retrouver ? 

Comment savoir si elle se souvient de tout ce que nous avons traversé ?"  

 

Il ouvrit son carnet noir et commença à écrire. Il nota chaque détail de ce qu’il avait vécu, chaque sensation, chaque émotion. 

 

Une phrase revenait sans cesse :  

 

"Le ruban de Möbius n’a ni fin ni début. Tout ce qui est perdu peut-être retrouvé."  

 

Puis vint un jour où, en faisant du rangement, un livre tomba de sa bibliothèque.

 

Il le ramassa et lu instinctivement la préface qui se ponctualité par cette phrase :"A celle avec qui je finirai ma vie''.

 

Il sourit, referma le livre pour le ranger.

 

Mais quand il vit le titre sur couverture, il éteignit son téléphone, pris ses lunettes de vue et s'installa confortablement dans son canapé, une bouteille de Ngoulisky juste à côté et commença sa lecture.

 

Sur la couverture, en guise de titre, était écrit...FRUITS DE NOS PASSIONS.

 

 

7/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L'INSPECTEUR GUIMONWARA : NILLAO

 

Le lendemain de son expérience mystique involontaire, alors que Bangui s’éveillait sous un soleil éclatant, Divine marchait le long du fleuve Oubangui. 

 

Son cœur battait étrangement, comme si chaque pulsation murmurait le nom de Guimonwara. 

 

Depuis qu’elle était revenue de ses vacances, quelque chose en elle avait changé. Elle ressentait les échos de ce qu’il avait vécu, comme si leurs âmes étaient irrémédiablement connectées.  

 

Elle s’arrêta près d’un rocher sculpté par le courant à l’hôtel Oubangui. 

Sa main effleura l’eau et, dans un éclair de mémoire, elle revit les flammes, la forêt, et Guimonwara. 

Mais ce n’était pas seulement un souvenir : c’était une sensation vivante, un frisson qui traversait chaque fibre de son être.  

 

Soudain, une voix familière brisa le silence. "Divine ?"  

 

Elle se retourna. Là, sur le rivage, se tenait Guimonwara. 

Son visage portait les traces d’une nuit tourmentée, mais ses yeux brillaient d’une intensité nouvelle.  

 

"Tu es là," murmura-t-il, comme si ses mots confirmaient une vérité qu’il osait à peine croire.  

 

Elle hocha doucement la tête. 

"Je suis là. Et toi aussi. Mais comment est-ce possible ? 

Tout ce que tu as vécu, je l’ai ressenti. 

Chaque douleur, chaque combat… je les ai portés avec toi."  

 

 LES ÂMES JUMELLES ET LE MYSTÈRE DU MULTIVERS  

 

Guimonwara s’approcha, le regard fixé sur la main de Divine. Il remarqua pour la première fois le tatouage en forme d’étoile qui ornait sa peau.  

 

"Cette étoile…" commença-t-il, avant de s’arrêter, troublé.  

 

Divine baissa les yeux, caressant instinctivement le tatouage. "Elle a toujours été là. 

Je ne savais pas pourquoi je l’avais faite, mais maintenant je comprends. 

Elle est un guide, une lumière dans l’obscurité. Et toi, Guimonwara, tu es cette lumière."  

 

Il resta un moment silencieux, puis, d’une voix profonde, il répondit : "Si l’étoile te représente, alors il nous faut un symbole pour ce que nous sommes ensemble : inséparables, infinis, comme une boucle qui n’a ni début ni fin. Le ruban de Möbius."  

 

Divine sourit doucement. "Une boucle infinie… Oui. C’est ce que nous sommes."  

 

 LE PACTE DU RUBAN  

 

Le soir-même, ils se rendirent dans un atelier tenu par un artiste spirituel nommé Bamba, connu pour ses tatouages imprégnés de mysticisme africain.

 

Bamba les accueillit avec une sérénité presque surnaturelle. "Un tatouage, c’est plus qu’un dessin. C’est une promesse, une vérité que l’on choisit de porter."  

 

Ils lui expliquèrent leur vision, le ruban de Möbius comme symbole de leur amour éternel. Bamba hocha la tête. "Vous êtes liés par des forces qui dépassent ce monde. Ce symbole sera votre ancrage dans chaque dimension."  

 

Alors qu’il dessinait le ruban sur leurs poignets, Bamba murmura des incantations en sango et en mandingue, invoquant les bénédictions des esprits de l’eau et du feu. 

 

Divine sentit une chaleur douce monter en elle, comme si l’encre liait non seulement sa peau mais aussi son âme à celle de Guimonwara.  

 

 LE FLEUVE ET LES ÉTOILES  

 

Une fois le tatouage terminé, ils retournèrent au bord du fleuve, là où l’eau et le ciel semblaient se confondre. Divine observa son poignet, où le ruban de Möbius brillait fièrement, juste en dessous de son étoile. Elle tourna son regard vers Guimonwara, qui portait le même dessin.  

 

"Nous sommes liés, maintenant," murmura-t-elle.  

 

"Nous l’avons toujours été," répondit-il, prenant sa main dans la sienne.  

 

Leur connexion semblait faire vibrer l’air autour d’eux. Divine leva les yeux vers les étoiles, et une lueur traversa le ciel. 

Une étoile filante, comme un écho du pacte qu’ils venaient de sceller.  

 

"Quoi qu’il arrive, dans ce monde ou dans un autre, nous reviendrons toujours à nous," dit Guimonwara avec une conviction profonde.  

 

Divine hocha la tête, les larmes aux yeux. "Toujours."  

 

 

UN RENOUVEAU À BANGUI  

 

Les jours suivants, Divine et Guimonwara commencèrent à reconstruire leur vie ensemble. Bangui, avec ses marchés animés et ses rivages paisibles, devint le théâtre de leur renaissance. Ils se promettaient chaque jour de s’aimer dans l’instant présent, tout en honorant la complexité du multivers qui les avait réunis.  

 

Le ruban de Möbius, gravé sur leurs poignets, devint leur guide. Quand les doutes surgissaient, ils se souvenaient que, comme ce symbole, leur amour n’avait ni début ni fin.  

 

Un soir, poussés par une force inexplicable, ils retournèrent face au fleuve.  

 

"J’ai compris que je ne pouvais pas fuir ce que je ressens pour toi," dit-il.  

 

Divine sourit, ses yeux brillants de larmes. 

"Et c’est ici que j’ai appris que nous étions destinés. Peu importe le monde, nous nous retrouverons toujours."  

 

Ils s’embrassèrent sous la lumière des étoiles, entourés par le murmure apaisant de la forêt et le chant des esprits bienveillants. 

 

Leur amour, les fruits de leurs passions, tel le ruban de Möbius, ne faisait que commencer.

 

 

8/9-LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L'INSPECTEUR GUIMONWARA : TARANISSI 

 

Depuis quelques temps, Guimonwara était plongé dans une affaire compliquée. 

Un mari désespéré, Laurent, était venu le voir après la disparition soudaine de sa femme, Clara. 

Il avait tout fait pour elle : des cadeaux luxueux, des voyages, même une maison somptueuse. Pourtant, elle était partie.  

 

Assis dans son bureau, Guimonwara lisait les lettres que Clara avait laissées derrière elle. Une phrase particulière attira son attention :  

 

"Tu as tout fait pour me rendre heureuse, mais tu n’as jamais pris le temps de me demander ce que je voulais vraiment."  

 

Ces mots résonnèrent en lui.  

 

Quelques jours plus tard, il retrouva Clara dans un petit village à la périphérie de Bangui sur la route de Damara un peu après Liton.

Elle travaillait dans un atelier de couture, loin du luxe et des promesses de son mari.  

 

Guimonwara : "Votre mari est prêt à tout pour que vous reveniez. Il dit qu’il vous aime profondément."  

 

Clara lui sourit tristement et dit : "Je ne doute pas de son amour. 

Mais aimez-vous quelqu’un parce qu’il vous comble de cadeaux, ou parce qu’il vous écoute et respecte vos choix ? 

Laurent m’a toujours aimée comme il voulait, pas comme j’avais besoin d’être aimée. 

Je me suis sentie étouffée, Inspecteur."  

 

Guimonwara resta silencieux.  

 

Elle ajouta : "Une femme ne reste pas parce qu’on la retient avec des choses matérielles ou même des promesses. 

Elle reste parce qu’elle se sent libre de choisir et qu’elle sait qu’elle est respectée dans ce choix."  

 

En rentrant chez lui ce soir-là, Guimonwara réfléchit longuement. 

Les relations humaines étaient comme ses enquêtes : la vérité n’était jamais évidente au premier regard.  

 

Il réalisa alors que pour qu’une femme reste, il ne s’agissait pas de "faire tout pour elle", mais de construire un espace où elle choisirait, chaque jour, de rester. 

Cela signifiait l’écouter vraiment, comprendre ses besoins et ne pas chercher à contrôler ou à imposer.  

 

Guimonwara se mit à penser à haute voix comme pour se rassurer qu'il faisait vraiment l'effort de comprendre la situation : "Une femme reste quand elle a envie, pas quand on l’enferme dans l’illusion d’un bonheur qu’elle n’a pas demandé."  

  

L'amour véritable dans un couple ne repose pas sur les efforts matériels ou les preuves d’amour imposées, mais sur la capacité à offrir à l’autre la liberté de s’épanouir. 

 

Il se met alors en quête de conseils pour aider Laurent à reconstruire une relation saine, où Clara aurait envie de revenir d’elle-même.  

 

LE ''JE'' DU MIROIR 

 

Après sa rencontre avec Clara, Guimonwara ressentit un étrange mélange de satisfaction et d’inquiétude. 

 

Cette affaire l’avait touché bien plus qu’il ne l’aurait cru.  

 

De retour chez lui, il s’assit dans le silence de son salon, face à un carnet vierge. 

 

À travers les ombres de la pièce, une pensée lui traversa l’esprit : 

Pourquoi est-ce si difficile pour les gens de se comprendre ? 

 

Pourquoi l’amour semble-t-il parfois une énigme plus complexe qu’un meurtre ?  

 

Il repensa à ses propres relations. 

Il n’avait jamais été un homme facile à aimer. 

Trop concentré sur son travail, souvent incapable de verbaliser ce qu’il ressentait. 

 

Combien de fois avait-il laissé quelqu’un s’éloigner parce qu’il pensait que tout allait de soi, ou parce qu’il croyait que ses efforts suffisaient ?  

 

"Est-ce que moi aussi, j’ai imposé ma propre vision de l’amour, sans jamais demander ce que l’autre voulait vraiment ?"  

 

 Guimonwara décida de visiter un vieux sage qu’il connaissait, un homme nommé Jonas. 

Ce dernier, veuf depuis des années, avait toujours eu une façon particulière de parler des relations humaines.  

 

Assis sous un grand manguier, Jonas écouta Guimonwara lui raconter l’affaire avant de prendre la parole : 

"Tu sais, mon fils, l’amour est comme un feu. 

Si tu ajoutes trop de bois d’un coup, il s’étouffe. Si tu n’ajoutes rien, il s’éteint. 

Ce qui maintient le feu, c’est l’équilibre entre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit." 

 

"Mais que faire quand on donne tout, et que l’autre part quand même ?" demanda l'Inspecteur qui commençait à paniquer en repensant à son idylle avec Divine.

 

Jonas sourit, dévoilant ses dents jaunies par le temps et dit : 

"C’est là que tu te trompes. Donner tout, ce n’est pas aimer. 

Donner tout, c’est souvent une manière de vouloir contrôler, de dire ‘regarde tout ce que je fais pour toi, tu me dois quelque chose.’ 

Mais l’amour ne doit rien. 

Il accepte, il libère, et il accueille."  

 

Guimonwara resta silencieux, méditant ces paroles.  

 

Jonas ajouta : "Si une femme ou un homme reste, ce n’est jamais par obligation. 

C’est parce qu’ils se sentent chez eux, dans cette relation. 

Et pour cela, il faut être capable d’écouter, d’observer, et surtout, de lâcher prise."  

 

D'ANCRE À ENCRE

 

De retour chez lui, Guimonwara repensa à toutes ces vies croisées à travers ses enquêtes. 

Chacun cherchait quelque chose : justice, vérité, amour… 

Mais peu savaient vraiment ce qu’ils voulaient.  

 

Il ouvrit un carnet et y inscrivit une simple question :  

 

"Est-ce que je comprends ce que l’autre attend de moi, ou est-ce que je projette mes propres attentes ?"  

 

C’était une question qu’il savait devoir poser à chaque couple, à Divine mais aussi à lui-même.  

 

Un jour, alors qu’il marchait dans le parc du Cinquantenaire, Guimonwara croisa un couple assis à une table chez Guitry. 

 

L’homme, visiblement frustré, parlait fort : "Je fais tout pour toi, et toi, tu ne sembles jamais satisfaite !"  

 

La femme, calme, répondit : "Tu fais tout… mais tu ne fais jamais ce que je demande."  

 

Guimonwara s’arrêta à distance. 

Les mots résonnèrent en lui. 

Il vit l’homme se calmer soudain, comme frappé par une vérité qu’il n’avait jamais envisagée.  

 

C’était universel, pensa-t-il. 

 

Ce moment où l’on comprend que les efforts les plus grands peuvent être inutiles, si l’on ne commence pas par demander à l’autre ce qui compte vraiment pour lui.  

 

Guimonwara continua sa marche, mais il souriait. 

 

Il avait appris quelque chose de précieux :  

 

Que chacun, dans sa vie sentimentale, porte des malentendus qui ressemblent à des enquêtes non résolues.

  

Que la clé pour construire une relation durable, c’était d’arrêter d’essayer de "retenir" l’autre et de commencer à "inviter" l’autre à rester.  

 

Et pour la première fois depuis longtemps, l’inspecteur se sentit en paix.  

 

L’amour, c’est un mystère que l’on ne résout jamais complètement. Mais chaque réponse trouvée nous rapproche de la vérité.

 

Que l'on soit dans une relation, en train d’en chercher une, ou de panser des blessures passées, l'Inspecteur Guimonwara réalisa cinq choses :  

 

1. L’amour est une danse, pas une cage.  

 

2. Le bonheur se construit à deux, avec respect, écoute et liberté.

 

3. Et parfois, il faut se perdre pour mieux se retrouver.  

 

4. Quant au lâcher prise, cela consiste juste à laisser chacun poursuivre ses rêves de vie et à se focaliser sur soi-même car l'altruisme est le summum de l'égoïsme.

 

5. Le Multivers distribue toujours les bonnes cartes à chacun et il n'est pas utile d'enquêter sur la vie d'une personne car ce qui doit être su sera naturellement dit au bon moment quand la confiance, la liberté et le respect sont là.

 

 

9/9 - LES RÉALITÉS PARALLÈLES DE L’INSPECTEUR GUIMONWARA : YÉNILA  

 

Assis dans son salon, l’inspecteur Guimonwara contemplait son carnet de notes et s'apprêtait à se reservir un verre de Mer Bleu lorsqu’un éclair bleu illumina la pièce. 

 

Une vibration étrange envahit l’air. 

Avant qu’il ne comprenne ce qui se passait, il se retrouva projeté dans une pièce qu’il ne reconnaissait pas.  

 

Face à lui, un hologramme s’animait : un homme avec un monocle flottant et un costume fluorescent.  

 

L’hologramme prit la parole : "Bienvenue, inspecteur. Vous avez été sélectionné pour explorer les réalités parallèles de l’amour à travers le Multivers. Préparez-vous à être déconcerté !"  

 

Avant qu’il puisse protester, Guimonwara fut aspiré dans une spirale multicolore.  

 

 Réalité 1 : LE MONDE DES RÔLES INVERSÉS  

 

Guimonwara se retrouva dans un monde où les rôles entre hommes et femmes étaient inversés. 

Lui, en mari désespéré, passait ses journées à jongler entre les tâches ménagères, les soirées spa, et les leçons de yoga imposées par Divine, sa femme ambitieuse et patronne d’une multinationale.  

 

En larmes, son double se plaignait : "Elle dit que je ne comprends pas ses rêves. Pourtant, je lui prépare des smoothies detox chaque matin !"  

 

Le double de Divine débarqua, le regard sévère : "Je ne veux pas d’un smoothie, Laurent. Je veux un homme qui sache planter des rêves, pas juste arroser des illusions."  

 

Guimonwara, abasourdi, observa la scène. 

Il se rendit compte que, peu importe le genre ou le contexte, l’amour semblait toujours exiger cette même quête universelle : l’écoute et le respect des désirs de l’autre.  

 

 Réalité 2 : LE MONDE DES CONTRATS AMOUREUX  

 

Dans un autre éclat de lumière, Guimonwara se retrouva dans un bureau austère où des couples signaient des "contrats d’amour". Chaque clause détaillait précisément ce que chacun attendait de l’autre.  

 

Un avocat : "Clause 12, paragraphe 4 : vous devez complimenter son choix vestimentaire au moins trois fois par semaine. Acceptez-vous ?"  

 

Lui : "Euh… Oui ?"  

 

Divine : "Et toi, tu dois t’engager à ne pas oublier les anniversaires de notre rencontre, notre premier rendez-vous, et celui de ma première coupe de cheveux."  

 

Guimonwara soupira. 

Tout semblait si rigide, si calculé. 

Où était passée la spontanéité ?  

 

 Réalité 3 : L’AMOUR TECHNOLOGIQUE  

 

Dans un bond temporel, Guimonwara atterrit dans une époque où l’amour était entièrement géré par des applications. 

Divine l'avait remplacé par un "Partenaire Virtuel Émotionnel" nommé YÉNILA comme au Japon.  

 

Pour Divine, Yénila savait exactement ce qu'elle voilait à chaque instant :"il m’envoie des poèmes personnalisés, me rappelle de boire de l’eau, et ne me demande jamais pourquoi je n’ai pas répondu à ses messages."  

Elle avait même prévu un ménage à trois avec un robot et lui...

 

Quant à lui, il tentait de séduire une intelligence artificielle en lui envoyant des photos de ses smoothies detox à base de gingembre poussant sur l'île de Bongosoua à l'état sauvage.  

 

 

 Réalité 4 : LE MONDE DES ÂMES MULTIPLES  

 

Guimonwara se retrouva dans un univers où chaque être humain avait plusieurs âmes. 

 

Divine était entourée de trois versions d’elle-même :  

 

- Une Divine aventurière, vêtue comme Indiana Jones.  

- Une Divine romantique, récitant des vers de Baudelaire.  

- Une Divine pragmatique, tenant un agenda rempli à ras bord.  

 

Les trois Divine prirent la parole : "Tu dois apprendre à nous comprendre toutes les trois. On ne peut pas se contenter d’une seule facette de l’amour !"  

 

Guimonwara comprit alors que l’amour n’est jamais linéaire : il évolue constamment, comme un kaléidoscope.  

 

 

 

RETOUR À LA RÉALITÉ

 

L’inspecteur fut ramené dans son salon, la tête pleine de visions absurdes mais révélatrices. 

Il se mit à griffonner frénétiquement dans son carnet :  

 

- "L’amour n’est pas une recette unique. Il change selon les mondes, les âmes, les attentes."  

 

- "Peut-être que pour comprendre l’amour, il faut d’abord accepter qu’il est toujours un peu chaotique, comme un multivers en perpétuelle expansion."  

 

- "Et surtout, arrêter de chercher à le résoudre comme une enquête. 

Peut-être que l’amour n’a pas besoin de réponse, mais juste d’un peu de magie."  

 

Satisfait, Guimonwara referma son carnet. 

 

D'un sourire coupable, il jeta un dernier coup d'œil à la bouteille de Mer Bleu, la version Premium du Ngoulisky en souriant car la dose était si forte que cela avait déclenché chez lui diverses hallucinations.

 

Il se servit tout de même un verre et appela Divine pour organiser une promenade dominicale dans la colline du Bas Oubangui avec le groupe G-FITNESS, une occasion pour lui demander sa conception de l'amour.

 

Il avait prévu déjeuner avec elle à Cafrina avec et dîner au Restaurant M avant de finir au Zodiaque.

 

Ils finirent très tôt le matin au marché aux légumes vers Pont Jackson, puis à l'abattoir.

Ils firent la cuisine ensemble, firent une balade en Tuk-Tuk dans Bangui et finirent la soirée loin des bruits de la ville chez Divine.

 

Pendant toute cette journée, pour la première fois, il ne cessa de poser des questions.

Les réponses de Divine lui firent réaliser qu'il ne la connaissait pas du tout.

 

Il l'écoutait religieusement et n'hésitait pas à prendre des notes sous le regard amusé de cette dernière qui réalisait à son tour que son inspecteur lui plaisait énormément depuis qu'il avait décidé d'être ''fragile'' à ses côtés.

 

Il avait peut-être perdu certains traits de caractère depuis le début de cette aventure, mais il avait gagné quelque chose de plus précieux : une nouvelle perspective sur la folie universelle qu’on appelle l’amour.

 

Comme disait quelqu'un :"Quand la Mort fait de l'Humour, l'Homme appelle cela de l'Amour''. 

 

FIN