Dans la vibrante ville de Bangui, l'inspecteur Guimonwara, réputé pour sa sagacité et son flair inégalé, se voit confier une mission des plus singulières : retrouver une chèvre disparue.
La propriétaire, Divine, est une jeune femme au caractère bien trempé, connue pour son franc-parler et sa détermination.
Divine, issue d'une famille modeste, a hérité d'une unique chèvre à la suite du décès prématuré de son père.
Plutôt que de la consommer immédiatement, elle a choisi de la préserver, s'inspirant des enseignements du livre "La chèvre de ma mère" de Ricardo Kaniama, qui illustre comment un modeste capital peut devenir le socle d'une prospérité future.
La disparition de sa chèvre représente pour Divine bien plus qu'une simple perte matérielle ; c'est la disparition d'un symbole d'espoir et d'investissement pour l'avenir.
Elle sollicite donc l'aide de l'inspecteur Guimonwara, espérant que son expertise permettra de retrouver l'animal précieux.
L'enquête conduit l'inspecteur à explorer les méandres du commerce local, notamment la contrebande de charbon en provenance de la République Démocratique du Congo, essentielle pour alimenterles chouiateries de Lakouanga, etle commerce du bois de chauffe en provenance des routes de Mbaïki et de Damara.
Ces activités, bien que vitales pour l'économie locale, sont souvent entachées de pratiques illégales et de conflits d'intérêts.
Au fil de l'investigation, Guimonwara découvre que la chèvre de Divine a été louée à un éleveur voisin, pratique courante dans la région pour maximiser les ressources limitées.
Cette découverte met en lumière les stratégies ingénieuses déployées par les habitants pour survivre et prospérer malgré des conditions économiques difficiles.
Par ailleurs, l'inspecteur est témoin de la "guerre du chikouague et des condiments", une compétition acharnée entre vendeurs de méchoui pour attirer les clients avec des recettes toujours plus savoureuses.
Divine, passionnée de cuisine, partage avec Guimonwara une partie de sa recette secrète de méchoui,transmise de génération en génération, etlui offre une démonstration culinaire.
Au-delà de l'enquête, une véritable complicité se développe entre Divine et l'inspecteur.
Reconnaissant son intelligence financière et sa perspicacité, Guimonwara lui propose de devenir sa conseillère financière.
Ensemble, ils élaborent des stratégies pour investir judicieusement les revenus générés par les activités locales, s'inspirant des principes du livre de Kaniama, qui souligne l'importance de la gestion avisée des ressources, même modestes, pour atteindre la prospérité financière.
Son business était simple mais demandait une certaine force de caractère et de discipline.
Elle commença par créer un groupe WhatsApp et à proposer du méchoui revisité à sa manière sous forme de sandwich à livrer.
Elle passait ses journées chez un vendeur de méchoui pas loin de chez elle et prenait les commandes que les gens payaient par Orange Money .
Puis elle ramenait la commande chez elle pour ajouter ses ingrédients à elle avec une petite sauce et du pain.
Puis, une moto et vive la livraison.
Quelques temps plus tard, LA DIVINE CHOUIATERIE voit le jour à Bangui.
Elle avait négocié un espace dans le parc du Cinquantenaire chez Guitry Ombellet car il vendait déjà à boire et la clientèle était disponible.
Rien que l'odeur des arômes de ses grillades donne faim.
Et c'était là aussi une partie du secret de Divine : le petitrien qui parle aux sens.
Divine s'inscrit par la suite à des cours de comptabilité tout en partageant chaque samedi matin son expérience de l'entrepreneuriat gratuitement à l'université de Bangui à un public qu'elle n'hésite pas à prendre en stage d'immersion le temps d'un week-end moyennant finances.
''Le partage d'expérience est un business intelligent pour quiconque donne de la valeur à ce qui sort de sa bouche'', aimait lui répéter l'Inspecteur GUIMONWARA pour la motiver.
Par ailleurs, la prise de parole en public lui permettait de gagner de nouveaux clients en plus d'une main d'œuvre de tout horizon qui était prête à payer 10 000 FCFA par personne pour passer un week- end en cuisine, au fourneau et auprès des consommateurs pour assurer le service et tenir propre l'espace.
Chaque weekend, elle se retrouvait ainsi avec 50.000 FCFA qu'elle mettait en banque automatiquement afin que son compte puisse rester dans le vert en attendant une demande de crédit.
Elle comptait acheter un triporteur qu'elle mettra en location ainsi qu'une moto qu'elle compte transformer en taxi moto afin de réduire ses dépenses tout en ayant une entrée financière régulière etjournalière.
Entre temps, elle avait cessé de contribuer à la vie nocturne de Bangui : dépenses inutiles pour retour vide.
Elle préférait passer ses journées au bureau de l'inspecteur GUIMONWARA et profiter de la connexion internet pour suivre des tutos sur l'art de recevoir et le management d'équipes sans oublier l'art de savoir bien utiliser les réseaux sociaux pour son business comme le faisait Alida de Cafrina qu'elle suivait sur TikTok.
Elle décida également de consacrer une partie de son temps libre à discuter avec les personnes âgés de son quartier, histoire de bénéficier de leur expérience et tout naturellement de leur carnet d'adresses pour son business.
Elle accompagnait aussi GUIMONWARA lors de ses excursions dans les Ngoulidromes en périphérie de Bangui pour découvrir et apprendre l'art de la production de cette liqueur.
Six mois plus tard, elle rencontre Portia Deya-abazene lors d'une activité
interprofessionnelle et devient membre de la FAFECA où elle apprend à mieux gérer son temps pour consolider son business sans devenir esclave de son travail.
Elle fit ensuite une formation pour la certification et la géolocalisation de son activité chez GUINZA qui s'occupe de la gestion numérique des zones d’activités à Bangui afin d’inscrire son business dans l’application NILLAO.
On travaille pour vivre et non le contraire.
Soudain le sonna. l'Inspecteur ouvritles yeux.
Retour à la réalité.
C'était un appel manqué.
Pas de nouvelles de Divine depuis quelques mois.
Elle le boudait parce qu'il a refusé de l'aider à monter un business dont il ignorait même l'objet caril ne lui avait pas laissé le temps de lui expliquer son idée.
Un sourire gâteux se dessina sur son visage et il se mit à griffonner dans son calepin ce qu'il a retenu de son excursion dans le multivers pour ne pas oublier... tout en pensant à Divine : pourquoi était-elle si géniale etrésiliente dans ses rêves et si capricieuse dans la réalité ?
La porte de son bureau s'ouvra brusquement : c'était Divine portant un t-shirt avec une chèvre dessus.
Elle tenait dans sa main un sac contenant du pain, une bouteille d'eau Rachida et une douce odeur de méchouitout chaud remplissaitl'air.
C'était forcément du méchoui provenant du quartier Km5 et plus précisément de chez Abdoul.
L'inspecteur avait découvert cette adresse via l'application smartphone NILLAO qui géolocalise les endroits fiables à Bangui.
Sacré Divine !
Elle déposa avec nonchalance le sac sur la table de l'inspecteur, prit place sur la chaise en face de lui et se penchant vers lui, elle lui fit remarquer qu'elle est toujours fâchée mais comme elle sait qu'il vit pour travailler, elle s'est donné pour mission de lui apprendre désormais à travailler pour vivre.
L'Inspecteur resta bouche bée...
Ces mots... Le rêve... Le multivers...
Réalisant qu'il ne bougeait pas depuis quelques secondes, Divine leva la main et lui administra une gifle quiresonna dans la pièce.
Choqués par la situation, les deux éclatèrent de rire.
La main encore sur sa joue en chaleur, l'Inspecteur fit remarquer à Divine sa force de frappe sur un ton loufoque avant de lui proposer d'aller pique-niquer car il avait des choses incroyables à luiraconter concernantle business.
Divine accepta la proposition, se rapprocha de lui, se colla à lui, retira sa main de sa joue et lui fit une bise en souriant.
Ils se regardèrent en silence pendant un instant alors que l'atmosphère était en train de se charger de phéromones.












