Récit fictif imaginé par Brice EKOMO-SOIGNET

ÉPISODE 1 : 1,2,3 SOLEIL 

'' Je suis le jugement de Dieu sur votre chemin pour vous faire payer vos péchés''. 
#GenghisKhan 

Clope au bec, regard vide en face de la fenêtre où perlent des gouttes de pluie. 
Le ciel est rouge. Le café fumant. 

L'inspecteur Guimonwara entame son monologue cérébral... 

'' Ils étaient 3 à avoir accès au coffre contenant le sac. 
La propriétaire, son homme de main et un prestataire. 

La propriétaire reconnaît avoir mis le sac dans le coffre avec ses affaires et ceux du prestataire. 

Elle confirme que seule la clé de contact peut fermer et ouvrir le coffre. 
On a testé et c'est vrai. 

Tous confirment que le coffre a été ouvert 2 fois. 
Une fois pour y mettre les affaires. 
Une fois pour que le prestataire prenne ses affaires. 

Mais à la question de savoir qui était avec le prestataire quand il a pris ses affaires, aucune réponse... 

La propriétaire de la voiture a toujours ses affaires, le prestataire aussi. 

Quant à l'homme de main, il semble ne pas s'inquiéter du tout. '' 

Un sourire malicieux illumine le visage froid de l'inspecteur Guimonwara. 

La propriétaire naïve ? 
Le prestataire friant de design ? 
L'homme de main au regard plein de malice ? 

Rien de tel qu'un bel interrogatoire musclé pour découvrir le maillon faible n'est-ce pas ? 

Soudain sonne le téléphone de l'inspecteur. 
Ce qui s'affiche à l'écran lui donne des frissons dans le dos... 

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ÉPISODE 2 : LE CLIENT 
 
L'inspecteur Guimonwara observait avec effroi le message lui signalant que son téléphone portable allait s'éteindre. 
La coupure d'électricité allait compromettre son enquête. 

Dans un élan d'audace, il activa la réduction de consommation du smartphone. 
Le système de géo-localisation posé sur le sac à dos émettait faiblement. 
Son téléphone servait de terminal. 

Cette petite puce achetée sur internet que le propriétaire avait glissé par une entaille dans le sac à dos marchait plutôt bien. 

Guimonwara s'installa dans son hamac dans un coin de son bureau et songeait au profil niais du propriétaire du sac tout en regardant sa photo. 

Un individu banal physiquement, une sorte de grand adolescent au style vestimentaire lunatique mais codé voulant se faire passer pour un geek ou qui n'est tout simplement qu'un être étrange qui manque de confiance en lui-même, un marginal volontaire pour mieux cacher son incapacité à vivre en société. 

Un individu plutôt doué pour réveiller chez quiconque le fréquentait un désir cupide et inutile de nuire à ses intérêts. 
Ayant une intelligence vaguement supérieure à la moyenne au regard de ses réalisations, cette capacité intellectuelle semblait le rendre légèrement naïf voir crétin et indirectement dangereux pour lui-même et pour tous ceux qui tentaient de porter préjudice à son travail. 

C'était un artiste. 
Un ubiquiste libertin au sens métaphysique sachant et  peut-être même aimant mêler mélodrame et métagore.
Comme tout artiste, il était sûrement en avance sur ses contemporains ou tout simplement perdu dans une bulle psychosomatique tel un autiste avec l'avantage de pouvoir parler, écrire et user de la mobilité de ses membres.
Ce qui faisait de lui sûrement un être incompris. 

Mais ce qui fascinait l'inspecteur, c'était la capacité qu'avait son client à vivre plusieurs vies en une seule. 
Cet homme, si toute fois homme il était, semblait détenir un don quasiment paranormal pour analyser, choquer, instruire et même mettre à nu le vrai nature de l'être humain avec une aisance inquiétante. 

Le problème avec ce type de personnalité réside justement dans le fait que leur franc parler, certes justifié, en faisant des solitaires malgré eux. 

Le genre de personne que l'on ne peut fréquenter que par intérêt et de manière légitime surtout car leurs propos et leurs actions avaient tout d'un miroir hanté qui peut nous rappeler parfois nos actes manqués. 

Bien qu'ayant l'habitude de clients compliqués, ce dernier avait quelque chose de... Bandant, de hard and spirit, de trash, de bestial. 

Quelque chose qui donnait envie de se dépasser. 
Quelque chose qui donne envie de lui clouer le bec en disant '' petit con, cette fois-ci, c'est moi qui ai raison ''. 

Le fréquenter réveille vraiment des envies destructrices car il semble trop vrai et ça sonne faux même quand on a toutes les preuves. 

On a envie de lui coller un motif parce qu'il semble trop épanoui, trop sûr de lui, trop de trop.
Une sorte de premier de la classe qu'on apprécie mais qu'on aime pas. 
Ce n'est pas de la méchanceté. Ni de l'envie. 

Juste une sorte d'instinct de survie qui nous pousse à collaborer avec lui pour atteindre nos objectifs et tant mieux si en chemin il se casse un peu la gueule. 
Et s'il se relève, on ajoute une couche juste pour le plaisir. 
C'est un chat rassasié qui joue avec une souris comme il jouerait avec une pelote de laine.
 
Rien de méchant, c'est instinctif. C'est primaire. C'est basic. 

Ce qui dérange le plus avec ce type d'individus, c'est qu'il ne cache pas ses émotions. 
Tout le monde doit savoir qu'il est heureux, amoureux, chanceux ou triste, malade, sans argent. 
Cet exhibitionnisme narcissique fascine et fait peur en même temps car cela ne permet pas aux autres de se sentir utile à ses côtés. 

L'humain aime se sentir utile. 
Aime qu'on lui demande de l'aide. 
Aime savoir qu'il a contribué à redonner le sourire ou la colère chez son prochain. 

Sauf qu'avec ce type d'individu, on a l'impression de faire partie du décor. 
Il est autonome, il est instruit, il n'a pas sa langue dans sa poche, il sait marchander son intelligence. 
Il a malheureusement souvent raison car sa réflexion va à l'essentiel. 
De quoi se demander s'il a des sentiments. 

Une femme aurait juste envie de l'avoir en plan cul par curiosité mais de là à le supporter... C'est comme goûter à une drogue dure : soit on n’aime pas soit on en devient accro et bonjour le crime passionnel. 

Un machiavel des temps modernes. 

La porte du bureau s'ouvrit, tirant l'inspecteur de ses pensées. 

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ÉPISODE 3 : CELESTINE 

Elle semblait sortir d'un fantasme sadomasochiste. 

La femme fatale sur qui on a juste envie de se venger de tous les râteaux de notre d’adolescence de boutonneux puant le bouc. 

Son odeur céleste la précédait semblable à une horde d'enfants de cœur ouvrant la marche salvatrice de la rédemption. 

Le genre de femme centrafricaine qui vous donne envie d'être ange, démon et humain.
 
Humain car une envie de croire en l'avenir entre ses jambes galbées tout en la faisant souffrir par maladresse pour mieux vous humilier en excuses. 

Ange car toute la vérité de sur vos sentiments à son égard vous donne envie lui vouer un culte et de la défendre même dans ses frasques les plus insolite tel le fidèle gilet par balle d'un braqueur de banque ou le fétiche incongru d'un villageois drogué, violeur, tueur et miséreux d'une contrée lointaine de la République centrafricaine dont tout le monde a oublié le nom à part quelques visionnaires sulfureux en quête d'une raclure superficielle de richesse minière obtenue de manière artisanale. 

Démon, car vous n'avez qu'une envie : explorer le royaume de ses peurs pour en devenir le dictateur pour mieux la dominer. 
La traiter comme une succube soumise capable de satisfaire vos plus bas chantages en enivrant les pères et mères de familles les plus pieux. 

L'homme froid et cynique resta de marbre. 
Fermant les yeux il repensa à leur écosystème sexuel d'antan. 

Prendre son autorisation. 
Lui bander les yeux.
Destination champ de tirs dans sous-sol désaffecté. 
Arme factice, canon sur tempe. 
Arme réel chargé pour tir quand canon orienté vers cible. 
Sur cadence de chairs gorgées de sang s'entrechoquant violemment. 
Bref. 
Célestine était un mélange de vertus et de vices improbables. 

Elle se dirigea dans un déhanché ferme vers Guimonwara.
La propriétaire de la voiture en question était une de ses proches. 


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ÉPISODE 4 : LE CONGOSSA 

L'inspecteur Guimonwara se redressa dans son hamac avec nonchalance. 
De la tête il invita Célestine à prendre place en face de lui. 

Quelque chose avait changé dans ses yeux. 
Elle était comme plongée dans un Spleen particulier. 

L’inspecteur se leva à son tour, pris sa main, la fit lever. 
Quand elle se blottit contre lui, elle éclata en sanglots.
 
L'homme gardait le silence. 
La femme finit par se calmer. Elle prit le paquet de Sprint qui traînait sur la table de l'inspecteur, s’alluma une cigarette et inspira profondément. 

Elle se dirigea à son tour devant la fenêtre qui donnait sur le ciel rouge. 

S'affaissant sur le rebord de la table du bureau, elle parlait à Guimonwara sur un ton vide d'émotions. 

'' Guim's, ça fait combien de temps que l'on se connaît ? 8 ? 10 ans ?
Tu sais que malgré que tu sois un gros con, j'ai toujours apprécié ton sens du devoir. 
Je vais aller droit au but. 

Ton client qui a perdu sac, ordinateurs et passeport, il traînait souvent avec celle qu'il accuse de vol aujourd'hui.
Tu as vu les photos, les vidéos. 
Elle était chez lui la nuit de la disparition de ses affaires, entre temps ils ont été vu ensemble en discothèque dans la même soirée. 

Je suis profiler comme toi. 
Et s'il s'agissait d'un coup monté de toute pièce par ce dernier ? 

Supposons qu'il lui ait fait des avances et qu'elle a refusé. 
Supposons que blessé dans son orgueil de mâle alpha, il ait organisé la disparition de ses affaires et pour se venger d'elle, il a décidé de lui mettre cela sur le dos. 

Supposons qu'il avait une fois de plus besoin de se faire remarquer tout simplement. 
Il sait faire le buzz, il s'engage dans de grandes actions frôlant l'engagement politique hors des sentiers battus. 
Il sait se démarquer des autres. 

Il a des projets à venir. 
La concurrence commence à se manifester. 
Il y a de plus en plus de personnes qui font plus ou moins la même chose que lui. 

Supposons que pour garder la lumière sur lui, il soit à l'origine de sa propre chute. 

Entre nous, tu sais parfaitement que la victimisation a toujours eu du charme. 
Ton client le sait. 

Par ailleurs, il était mêlé déjà par le passé à l'organisation du concours de Miss sans toutefois y être associé de manière officielle. 
Cette fois aussi, il fut associé à cette initiative de manière non officielle avant de se retirer du projet une fois de plus. 

Elle et lui semblent avoir un destin lié et ambiguë. 

Tu fais ton travail. 
Mais ne perds pas de vue le caractère potentiellement manipulateur de ton client. 

Elle a reconnu avoir déplacé les affaires. 
Mais que penses-tu qu'elle fera avec cela ? 

Tu devrais t'intéresser davantage à l'homme de main et au prestataire. 

L'un est peut-être cupide. 
L'autre œuvre dans le même domaine que ton client. 

Les deux n'ont pas d'alibi ni de témoin. 

Tu vois ce que je veux dire ? '' 

Elle écrasa sa cigarette dans le cendrier unipersonnel d'amateur de cigares posé à côté d'elle en veillant à déplacer le petit canif à cigares et se retourna vers l'inspecteur. 

Sous la panique, sa main heurta le cendrier qui se brisa en tombant. 

Le client avait remplacé l'inspecteur dans la pièce. 

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ÉPISODE 5 : COMBAT MELANGÉ

Tétanisée, Célestine n'osait bouger ou parler. 
Le client la dévisageait en silence. 
Ces petites secondes semblaient durer des minutes. 

Puis tout en avançant calmement vers elle, il faisant craquer ses phalanges. 
Il passa derrière le bureau. 
Célestine respirait de plus en plus fort. 

Il se rapprocha d'elle. Colla son corps contre le sien. 
Lui caressa le visage en souriant. 
Elle ne bougeait pas. 
Il leva son menton et l'embrassa langoureusement. 
Elle se laissa faire en respirant avec passion. 

Soudain il se retira.
La retourna violemment de manière à se retrouver face à son dos. 
Il la cambra.
D'un mouvement brusque au niveau du poignet, il lui retira le canif à cigares qu'elle dissimulait. 
Tout en la maintenant fermement d'une main, il redéposa l'objet sur la table. 

Rapprochant ses lèvres de son oreille, il brisa le silence en murmures. 

''Douces lèvres pour langue de vipère. Prête à tout pour m’avoir dans ton lit, toi aussi tu as décidé de nuire à mes affaires ? 

Elle au moins, elle a de la classe. 
Regardes-toi. 
Belle à en mourir de l'extérieur, mais terrain de désolation vu de l'intérieur. 

Qu'est-ce que tu croyais ? 

Que je la laisserai payer pour ses compères ? 

Son seul crime dans cette histoire a été de faire confiance à son entourage. 

Finalement, que sais-tu d'elle ? 
De moi ? De nous ? 

Rien. 

Elle était bel et bien chez moi.
Elle y a même passé la nuit. 
Nous n'étions pas seuls. 

Contrairement à toi qui vit aux dépends des autres, elle a le courage de créer, de construire, de rêver l'avenir. 

Ne parles pas de ce que tu ne sais pas. 
Si tu veux savoir pourquoi elle est en première ligne, la raison est simple...'' 

Soudain, le son de la chasse d'eau retenti, puis l'inspecteur Guimonwara apparu sur le pas de la porte. 

Le client relâcha Célestine qui, larmes aux yeux, le gifla magistralement. 
L'inspecteur assistait à la scène en souriant tout en allumant une Sprint. 
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ÉPISODE 6 : L'ARAIGNÉE 

L'inspecteur Guimonwara se dirigea vers le mini frigo dans la pièce, tant que que Celestine et le client se déplacèrent vers le centre de la pièce. 
Il sorti deux petites bouteilles de bières Mocaf qu'il leur proposa. 

Tout le monde le sait. On ne refuse rien venant de Guimonwara. 
Sa susceptibilité n'a d'égal que son cynisme. 

Ancien commando des forces spéciales, des faits d'armes sont légendaires. 
Première mutinerie, deuxième mutinerie, troisième mutinerie jusqu'à la récente crise centrafricaine. L'inspecteur Guimonwara n'a cessé de faire parler de lui. 
En bon. En mauvais. 

Son chapeau de cowboy résume parfaitement son état d'âme. 
La ville de Bangui est son Far West. 

Cet homme solitaire s'est construit son réseau de renseignements au fil des années dans l'ombre. Sa réputation sur le terrain a fait de lui une référence atypique auprès des hors-la-loi. 
Une sorte de cavalier de l'apocalypse souvent accusé d'atteinte aux droits de l'homme. 
Aussi efficace que lunatique, il reste lucide dans ses choix d'enquêtes tout en mettant l'accent sur la méthode. 

Son nom, Guimonwara, est à la fois une menace, un avertissement, un conseil, une conséquence. 
Guimonwara se traduit '' cherchez et vous trouverez ''. 
Signe du destin ou coïncidence, peu importe. 
Il est l'incarnation d'une justice à double vitesse aux couleurs culturelles de la République centrafricaine. 

Avec le temps, il a rangé son révolver au profit d'une formation au métier de profiler. 
L'esprit devint sa meilleure arme.

Le mentalisme est devenu son univers de prédilection. 

C'est dans la même période qu'il rencontra Célestine. 
Leur idylle fut un feu de paille. 
Homme à femme, il prétextait des rendez-vous incongru pour disparaître à chaque date importante pour elle. 

Elle finit par découvrir le poteau rose. 
La vie intrépide de l'inspecteur Guimonwara en faisait un homme très protecteur et sensible à la fois car il avait conscience de la valeur de chaque instant de vie. 
Là où il y avait problème, c'était son niveau d'engagement dans une relation amoureuse. 

Le client et Célestine prirent place avec leur bouteille de bière à la main. 

L'inspecteur retourna à sa place derrière son bureau et les observaient tout en fumant. 

'' Je n'ai plus besoin de faire les présentations à ce que je vois. 

Vous savez, j'ai horreur que l'on se mêle de mon travail. 
Que l'on ose me donner des conseils sur qui, comment et pourquoi. 

La miss, l'homme de main et le prestataire sont tous dans le même panier. 

Vous pouvez partir avec les bières. 
J'ai un criminel à coincer. '' 

On cogna à la porte. 
Une tête affichant un sourire amical se présenta avec son smartphone et son appareil photo. 

Il ne manquait plus que lui... 
Monsieur Dias, le chasseur d'images. 

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ÉPISODE 7 : L'ICEBERG DE LA RÉUSSITE 

L'inspecteur Guimonwara, le client et Celestine avaient tous le regard braqué vers Monsieur Dias. 

Tous avaient déjà été une fois fait les frais de sa passion pour la photographie. 
Loin d'être méchant, c'était un homme toujours souriant et serviable. 

Entre reporter de guerre, photographe d'événementiels, journaliste et consultant en communication, son background faisait de lui un patriote émérite. 

Tous l'aimaient mais s'en méfiait aussi. 
Il savait vous donner les nouvelles du pays en images, ne prenant jamais parti dans les conflits. 
C'était un fin observateur. 

Tous se méfiait aussi de lui pour ses diffusions de photos prises dans un contexte privé. 
Sa passion pour la photographie le poussait à photographier les personnes de son entourage à leur insu parfois lors des soirées mondaines puis de les diffuser sur les réseaux sociaux sans leur autorisation. 
Cette situation avait bien souvent des conséquences malsaines.
 
Pour certains, il travaillait pour des services secrets, pour d'autres, il n'avait rien de professionnel mais mon parcours et sa popularité forçait le respect. 

S'en prendre ouvertement à lui était comme se mettre une corde à son cou en attendant le vent de la pendaison. 

C'était aussi cela qui faisait de monsieur Dias, un homme mystérieux. 

L'inspecteur le regarda et fut comme traversé par un éclair de génie. 

Il l'invita à s'asseoir et demanda à tout le monde de garder leur calme. 
Tous dans la salle se connaissaient. 

L'inspecteur Guimonwara connaissait le profil de chaque personne dans la pièce. 

'' Vous savez, j'aime mon métier. J'aime l'a justice. Mais j'ai appris à ne pas laisser la colère devenir mon maître. 

J'aime à penser que lorsque nous ramassons de la bouse de vache pour salir une personne, nous ne sommes pas sûr de l'atteindre. 
Par contre, nous sommes sûr de nous salir les mains et nous courrons le risque de sentir mauvais pour notre entourage. 

Chaque humain a cette capacité de détruire son prochain sur des générations. 
Pour cela, il suffit juste d'exposer notre cible et ses méfaits au regard du monde. 
Mieux vaut mourir que subir cela. 

Malheureusement, beaucoup d'humain l'apprennent a leur dépend. 

Diffuser une photo, un message, relater un événement ou inventer une histoire tout simplement. 

Chaque action que nous posons, par ignorance, par volonté de nuire ou même en cas de légitime défense est comme un clou que l'on plante dans une planche. 

Après coup, on peut être tenté de se réconcilier avec la personne à qui nous avons porté préjudice ou qui nous a porté. 

C'est comme retirer ce clou de la planche et passer une couche de peinture pour cacher la trace du clou. 

Mais ce trou restera toujours dans la planche. 

Cette planche est la réputation de l'être humain. 
On met du temps à se construire une réputation. 
Il suffit d'un rien pour la détruire.
Même les excuses ne peuvent rien face à cela. 

C'est cela détruire un univers. 

Mon client ici présent a vu son univers détruit par le comportement incongru de la la propriétaire de la voiture, de l'homme de main et du prestataire. 

Au-delà de son univers, celui de ses clients a été aussi détruit car sans ses outils de travail, chacun a subi les conséquences économiques et morales de cette disparition miraculeuse. 

A son tour, mon client a décidé de détruire leur univers en communiquant ouvertement en public. 
Leurs amis, familles et futurs clients ont assisté à cette Armageddon tout comme ceux de mon client ont assisté au sien. 

Détruire un univers en représailles est certes jouissif. 
J'en sais quelque chose. 
C'est de l'instinct de survie, c'est plus puissant que l'adrénaline car c'est une force psychique. 

Détruire un univers, c'est remettre en question l'éducation de toute les personnes portant le même nom de famille que votre cible, c'est coller dans la tête des gens qui assisteront à la scène de destruction une image forte contre les personnes de la famille de votre cible et contre votre cible elle-même. 

Détruire un univers, c'est comme déchaîner les enfers. 
Rouvrir de vieilles plaies. 
Réveiller de vieilles rancunes. 
C'est redonner vie au passé sombre de chacun tout en donnant l'occasion à d'autres personnes de contribuer à continuer de nuire à votre cible et à son entourage après même que vous ayez cessé les hostilités. 

Désormais mon client va devoir reconquérir la confiance durement gagné de ses partenaires d'affaires. 
Les gens vont se méfier de lui, de peur de devenir une cible à leur tour. 
Cela va affecter son business, sauf s'il est assez intelligent pour travailler deux fois plus encore au risque d'y laisser sa santé. 
Sa famille aussi va être prise pour cible. 

L'entourage des personnes liées à cette disparition miraculeuse va le détester et tenter de le détruire à leur tour en oubliant ce qui a déclenché sa réaction. 

Désormais les trois personnes liées à cette affaire ainsi que leur famille et amis vont être à leur tour pris pour cible par d'autres personnes qui souvent ne seront pas de l'entourage direct de mon client. 

Chacun va défendre sa paroisse. 

Dans cette histoire, qui aura gagné ? 
Personne. 
Mais les dégâts collatéraux ne peuvent être quantifié des deux côtés. 

L'humain est méchant. 
Il semble souvent puiser sa joie de vivre dans le malheur de l'autre. 
Le sensationnel fait vendre. 
Parler de malheur et exposer la souffrance des autres est un fonds de commerce indéniable. 

Vous savez dans la vie... 
Il est bon de traverser des périodes difficiles. 
Cela permet de s'améliorer. 
Il est bon de perdre car chaque perte signifie que nous sommes désormais capables de faire plus et mieux et ce, de manière naturelle car notre esprit détient désormais le secret de fabrication. 

Vous pouvez tout perdre car pouvez tout reconstruire. 

Le pardon est difficile surtout quand vous pensez être la victime. 

Mais la notion de victime est relative quand on est croyant car où est donc la place de Dieu, son plan pour votre vie ? 
L'or est purifié par le feu et le Juste par les épreuves. 

Même si on ne croit en rien du tout, la notion de victime reste relative car où est donc notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive ? 

Chaque situation est une porte que nous avons laissé ouverte ou une porte mal fermée. 

Cette situation n'est qu'un rappel au réajustement. 

Regardez ce pays, la République centrafricaine, chaque jour, chaque centrafricain s'amuse à détruire des univers par des vidéos de calomnies sur les réseaux sociaux, par des articles dans la presse, par du commérage. 
Chaque jour chacun fragilise et encourage la déstabilisation du pays sans même s'en rendre compte. 

Désarmer les cœurs est sûrement la solution. 

Mais comment y arriver quand ils passent leur temps à étaler au monde leur cuisine interne et à prêcher la haine tout en tentant d'expliquer aux nouvelles générations que ceux de leur ethnie sont meilleurs que les autres ? 

L'humain est une chenille qui doit devenir un papillon. 
Passer du sous-bois du manque de vision à la plénitude de la vision aérienne. 
Mais pour cela il faut passer par la phase de la chrysalide qui est l'introspection, la remise en question et la volonté radicale de changer sois même pour mieux faire évoluer les autres. 

C'est le MEWE. 
Prendre conscience que l'évolution que j’espère de mon entourage, ce WE qui signifie '' nous'' en anglais, dépend aussi de moi qui est représenté par ce ME. 
Et ce, parce que je vis en société... Par ce que je suis humain. 

Je vais être radical en vous demandant tout simplement de faire un choix. 

 Souhaitez-vous continuer à détruire des univers alors que cela est perte de temps, d'énergie créatrice et guerre sans fin ? 

Ou 

Souhaitez-vous devenir des Hommes sachant transformer le plomb qui est une situation désagréable en or qui est une situation avantageuse tel un alchimiste comme dans le poème de Kipling ? 

Pour ceux qui ne le connaissent pas, souffrez que je vous le récite :

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils. 

Quand l'inspecteur Guimonwara eut fini sa récitation, sur son visage ainsi que visage des personnes dans la pièce, des larmes coulaient en silence. 

Il s'était adressé au subconscient de chacun. 
Il ne cherchait plus à résoudre une enquête. 
Il cherchait depuis le début à partager un message universel : le secret de la vraie richesse qui est la paix intérieure. 

Le client se leva et se dirigea vers le bureau de Guimonwara. 
Il prit le dossier de la plainte et le déchira. 

Monsieur Dias et Célestine s'attelaient à supprimer des photos et messages dans leur téléphone portable. 

Quant à l'inspecteur, il supprima le logiciel de tracking relié à la puce qui était dans le sac perdu. 
La lenteur du réseau internet rendait difficile la traçabilité. 

Il songeait d'ailleurs à commander des traceurs GPS pour les commercialiser. 
L'inspecteur Guimonwara était aussi un homme d'affaires avisé. 

FIN 

'' Ce que tu cherches, te cherche aussi. Tout est en toi, tout dépend de toi. 
Chaque perte est une bénédiction divine car la graine doit tomber, mourir pourrir pour germer et produire davantage. '' 


Épilogue. 

Extrait du célèbre livre du philosophe 
Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra

'' Mais cet oiseau s’est construit son nid auprès de moi : c’est pourquoi je l’aime avec tendresse, — maintenant il couve chez moi ses œufs dorés."

C’est ainsi que tu dois balbutier, et louer ta vertu.

Autrefois tu avais des passions et tu les appelais des maux. 
Mais maintenant tu n’as plus que tes vertus : elles naquirent de tes passions.

Tu mis dans ces passions ton but le plus haut : alors elles devinrent tes vertus et tes joies.

Et fusses-tu de la race des coléreux, de celle des voluptueux, des sectaires ou de ceux qui ont soif de vengeance :

Toutes tes passions finirent par devenir des vertus, tous tes diables, des anges.

Jadis tu avais dans ta cave des chiens sauvages : mais ils finirent par se transformer en oiseaux et en aimables chanteuses.

C’est avec tes poisons que tu t’ai préparé ton baume. 
Tu as trait la vache '' affliction''— maintenant tu bois le doux lait de ses mamelles.

Et rien de mal ne naît plus de toi, si ce n’est le mal qui naît de la lutte de tes vertus.

Mon frère, quand tu as du bonheur, tu as une vertu et rien de plus : ainsi tu passes plus facilement sur le pont.

Cela distingue d’avoir beaucoup de vertus, mais c’est un sort bien dur ; et il y en a qui sont allés se tuer dans le désert parce qu’ils étaient fatigués d’être des combats et des champs de bataille de vertus.

Mon frère, la guerre et les batailles sont-elles des maux ? 

Ce mal est nécessaire, l’envie, et la méfiance, et la calomnie sont nécessaires parmi tes vertus.'' 

BONUS ET SYMBOLIQUE 

L'As de Pique est le symbole de la conquête, de la victoire obtenue avec la force après des obstacles, des difficultés de tous sortes. 

Elle représente la lutte dont l'issue est favorable, après une volonté, une détermination, ou un combat. 

Elle signifie, la fermeté, un esprit constructif, l’assurance de la réussite.

Elle indique le triomphe, le pouvoir, surtout celui de s'en sortir. 

Elle peut donc annoncer une période de stabilité et de chance, de sécurité, notamment matérielle, faisant suite à un épisode compliqué.